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Interview de Mme Amandine Daniel, juriste dans une fondation de recherche

Dernière mise à jour : 19 nov. 2023

Si vous deviez décrire le métier de juriste en trois mots ?

Business partner, sécurité juridique et rigueur.


Quel parcours avez-vous suivi pour devenir juriste ?

J’ai d’abord effectué un Master 2 droit privé, plutôt généraliste, avant d’entamer un second M2 pour me spécialiser en propriété intellectuelle l’année suivante. Je suis également titulaire du Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat.


Pourquoi avez-vous souhaité devenir juriste ?

Être juriste offre des challenges constants : de nouvelles problématiques se posent en permanence et la vie en entreprise est souvent riche en rebondissements.

Ce métier est extrêmement stimulant d’un point de vue intellectuel. En outre, être juriste donne l’opportunité de travailler avec toutes les autres fonctions et de rencontrer ainsi des gens aux profils extrêmement variés : ceci permet d’élargir son spectre, d’enrichir sa culture générale et de s’ouvrir à d’autres points de vue.


Quelles sont les qualités essentielles que doit avoir un juriste ?

- La rigueur : c’est l’une des qualités premières que l’on attend du juriste : la capacité à être attentif au moindre détail, à se montrer précis et à faire preuve de finesse dans l’analyse des textes et des situations.

- Agir en Business Partner

- Faire preuve de créativité : le juriste concourt à la réalisation de projets. Il doit faire preuve d’esprit d’équipe, comprendre les besoins des opérationnels et agir en ce sens. Beaucoup de personnes ont une image poussiéreuse du juriste, travaillant dans son bureau entouré de gros codes rouges. La réputation « d’empêcheurs de tourner en rond » est tenace. Or, le juriste a un véritable rôle stratégique à jouer. Pour faire adhérer ses collègues et obtenir leur coopération, le juriste doit se montrer constructif, facilitateur dans son approche. Si la législation fait obstacle à la réalisation d’un projet, le juriste ne doit pas se contenter de mettre son veto, il doit proposer une solution alternative. Cela nécessite de dépasser la simple lecture littérale du texte, de se demander comment aller plus loin et de faire preuve d’inventivité.


Quelles sont les principales missions du juriste ?

La principale mission du juriste est de sécuriser les actions de son entreprise et de défendre ses intérêts.


Quand on entend « juriste », on pense tout de suite aux juristes d’entreprise. Est-il possible d’exercer en tant que juriste dans un autre type d’organisme ?

Il est possible d’exercer dans une grande variété de structures : associations, fondations, cabinet d’avocats… mais aussi dans la fonction publique.


Exercez-vous dans une spécialité particulière ?

J’exerce en tant que juriste généraliste. Mon activité prédominante est la rédaction, la validation et la négociation de contrats. J’ai également la charge de conseiller les différentes directions et les opérationnels au quotidien, pour le montage et la mise en place de leurs projets. Je traite également les dossiers précontentieux et contentieux, le cas échéant en partenariat avec un cabinet d’avocats. J’exerce également des missions au niveau de la gouvernance : refonte des statuts, préparation des conseils d’administration… Enfin, j’ai la charge de gérer le portefeuille de nos assurances ainsi que les sinistres pouvant survenir.


Si vous deviez décrire une journée / semaine type, à quoi ressemblerait-elle ?

Il n’y a pas de semaine ou de journée type à proprement parler, mais une chose est certaine : l’activité est intense ! Entre deux réunions de travail, je lis et réponds à mes mails. J’essaie de bloquer des plages horaires complètes pour traiter les dossiers importants qui demandent du temps (la rédaction d’un contrat, par exemple) afin de ne pas être interrompue. Enfin, je suis parfois amenée à me déplacer hors du bureau.


Quels conseils donneriez-vous à un étudiant voulant devenir juriste ?

Faire des stages afin de savoir le domaine dans lequel il se sent le plus épanoui et acquérir ainsi de l’expérience. S’informer régulièrement des nouveaux textes et jurisprudences, car être juriste nécessite d’être à jour en permanence.


Quelles sont les matières à ne pas négliger pendant sa scolarité pour devenir juriste ?

Le droit des obligations est la matière fondamentale, qu’il est nécessaire de maîtriser quel que soit son domaine d’exercice. Pour le reste, cela dépend de la matière dans laquelle on entend se spécialiser.


Quelles évolutions professionnelles sont possibles en tant que juriste ?

Directeur juridique, DRH, avocat, consultant, chasseur de têtes, intégrer la fonction publique…


Quels sont les avantages et les inconvénients du métier de juriste ?

C’est une question difficile, car selon la structure dans laquelle on exerce et ses conditions de travail, la réponse varie largement…

Avantages :

- Par rapport à l’avocat libéral, le juriste se voit offert une certaine stabilité de par son statut de salarié

- Ce métier permet d’aborder de multiples matières, ce qui est intéressant lorsque l’on n’aime pas la routine


Inconvénients :

- Le juriste ne plaide pas

- Certains secteurs présentent peu d’offres

- Selon les structures, la place donnée au juridique peut être plus ou moins importante


Avez-vous eu des désillusions par rapport à la profession de juriste ?

Il arrive que la fonction juridique ne soit pas considérée à sa juste valeur : certains la voient comme un « passage obligé », une contrainte, sans réaliser combien son caractère sécurisant est primordial.


Et de bonnes surprises ?

La diversité des problématiques abordées en fait une profession vivante, enrichissante et extrêmement stimulante intellectuellement !



Nous remercions Mme Amandine Daniel pour avoir bien voulu répondre à nos questions


Cette interview a été publiée pour la première fois dans la revue n°5, en juin 2019

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